C’est aux ingénieurs Wilhem Nördling et Pierre Félix Moreaux que l’on doit les plus beaux viaducs ferroviaires métalliques du département de l’Allier. Ils sont chronologiquement les 3ème, 4ème, 5ème et 6ème viaducs métalliques construits en France.
Leur principe est celui d’une structure composée de poutres, poutrelles et poteaux, placés en triangulation et fixés par des rivets.
- Moreaux va perfectionner son modèle des viaducs de Busseau d’Ahun dans la Creuse (1864) et de Ribeyrès dans le Cantal (1866), afin de franchir à une plus grande hauteur les vallées de la Bouble (66 m) et du Bélon (48,5) et les rendre plus élégants
- La construction des viaducs de Rouzat et de Neuvial est confiée à Gustave Eiffel qui vient de créer son entreprise avec Théophile Seyrig. Il s’en tiendra aux plans de Moreaux en apportant quelques perfectionnements notamment sur le système d’étrésillonnement des piles.
Le viaduc de la Perrière est, lui, construit en granit pour épouser une courbe.

Les innovations
– l’optimisation des matériaux de l’époque (fonte grise et fer puddlé) est géniale.
La fonte grise (fragile) qui n’est utilisée que pour les piles (creuses et remplies de mortier pour en augmenter le poids) ne travaille qu’en compression. Le fer plus coûteux est utilisé pour le tablier et les croix de Saint André des piles ; Il faut noter que l’on n’utilisait ni soudure ni boulons et que les formes exécutables en fonderie ne permettaient des liaisons fonte-profilé en acier que par rivetage, seul moyen d’assemblage mis en oeuvre dans les années 1860.

– la technique de construction par poussage,
Originale (encore pratiquée de nos jours) simplifie le montage du tablier et, palliant le manque de grues performantes, permet un approvisionnement par voie ferrée de tous les matériaux métalliques des piles, diminuant notablement les risques et les coûts.
– les données d’expérience faisaient défaut, les méthodes de calcul étaient embryonnaires, les batteries d’ordinateurs étaient à inventer, l’outillage était à créer, et le personnel était à former. A ce propos, le rapport des monuments historiques précise : « l’intelligence du système constructif mis au point par l’ingénieur Moreaux, se vérifie une fois de plus ; sa faculté à s’adapter aux sites différents démontre le perfectionnement du prototype. La conception originale du modèle est éprouvée dans différents paysages. La ligne Commentry Gannat est une illustration indicative de la démarche des ingénieurs dans leur souci d’adéquation au site conjugué à leur préoccupation majeure de mise au point d’un cahier de modèle pouvant servir en d’autres lieux ».
– la sveltesse et l’élégance de l’ouvrage l’intègrent remarquablement au site.
Les soucis d’esthétique n’étaient d’ailleurs pas absents des préoccupations des concepteurs comme le souligne Nördling
«Le goût dans les constructions n’est-il pas comme la pureté de l’élocution dans les discours, comme la grâce dans les mouvements, comme la morale dans les actions ? Il est permis d’en mettre partout et toujours cela ne coûte rien».
